Bonjour à tous.
Je déclare ouverte la réunion de notre première Conférence nationale, à laquelle vous venez tous ou presque
-un certain nombre de centaines d'entre vous- sont encore dans le hall, si mes informations sont fiables- d'être élus, au terme d'un processus électoral qui a intéressé, à la fin du mois de
septembre, le même jour, tous les départements français. Il y en a deux où les élections n'ont pas pu être organisées, mais nous allons nous en occuper.
Conférence nationale qui a entraîné une participation importante; élections qui ont permis à la fois la mise
en place de nos présidences départementales -les présidences départementales ont été conçues de manière collégiale pour que toutes les sensibilités principales des départements puissent y être
représentées en cas de compétition-, l'élection des Conseils départementaux et l'élection de la Conférence nationale.
C'est donc la première réunion de cette Conférence nationale dont le but est , vous le savez, de servir, si
j'ose dire, de congrès entre les congrès, puisque nos congrès ont lieu une fois tous les trois ans, alors que la Conférence nationale a vocation à se réunir, disent nos statuts, au moins une fois
par an. À la vérité, notre idée est de le faire au moins deux fois par an, afin nous puissions avoir, ainsi, une vie de représentation, une réflexion en commun partagée avec nos
adhérents.
Je félicite ceux qui ont été élus présidentes et présidents départementaux et les membres des présidences qui
ont été élus à cette occasion. Je vous invite à les applaudir.
Je vous félicite, vous, représentants des départements à cette Conférence nationale.
Deux observations : ces élections achèvent la période de construction de notre mouvement. Ce n'est
jamais facile de passer d'une organisation politique à une autre. L'ayant encouragé un certain nombre de fois, je puis assurer que, chaque fois, cela présente des tensions, quelques fois des
crispations et chaque fois naturellement un état d'incertitude, d'interrogation.
Cela a été relativement rapide, même si cela a paru long à certains d'entre vous, car, au fond, une période
de neuf mois, c'est le temps d'une gestation humaine, pour faire naître un mouvement nouveau, désormais installé dans toutes ses instances et toutes ses responsabilités.
Je sais bien qu'il y a encore, ici ou là, quelques tensions qui subsistent. Je ferai, Gilles Artigues
-médiateur des adhérents- fera, le CCC (Comité de Conciliation et de Contrôle), le Bureau exécutif fera, les vice-Présidents feront et je ferai tout ce que je peux pour que tout ceci se mette en
ordre.
Pourquoi ? Je l'ai dit hier soir devant les présidents et je veux le redire devant vous, nous sommes un
mouvement de transformation du paysage politique français et nous sommes même le seul mouvement de transformation du paysage politique français.
Tous les autres mouvements ont intérêt à ce que le paysage politique français ne bouge pas : les uns,
les extrêmes, parce qu'ils espèrent que cette stagnation entraînera une déstabilisation et que cette celle-ci leur profitera; les autres, les deux principales forces installées, parce qu'ils
espèrent que les choses resteront ce qu'elles sont ou que la théorie des vases communicants fera qu'ils seront mécaniquement ramenés, comme par la marée, au pouvoir national, comme ils occupent
le pouvoir local.
Le seul mouvement, en France, qui s'est attelé à la tâche de faire bouger le paysage politique national,
c'est nous. C'est une grande responsabilité et cela nous impose une discipline.
Je veux vous en dire un mot, comme je l'ai dit hier soir aux présidents, reprenant une image que je crois
juste : nous sommes un commando de transformation de la société politique française.
Comme nous sommes un commando de transformation, nous sommes contraints, obligés, soumis à l'exigence d'unité
et de solidarité entre nous et donc je ne participerai donc pas, en aucune manière, à tout mouvement qui contribuerait à faire qu'il y ait des oppositions au sein des instances que nous avons
mises en place.
Lorsque l'on est un commando, on a le devoir d'unité et de solidarité et je vous demande de
l'assumer.
Nous avons un deuxième devoir qui va nous amener au sujet de cette journée, c'est d'avoir la lucidité
nécessaire, la capacité d'analyse nécessaire, la force de proposition nécessaire pour que nos concitoyens trouvent, dans notre action, une réponse aux questions, aux angoisses, aux inquiétudes
qui sont les leurs.
Je ne crois pas utiliser de superlatifs excessifs en vous disant ce que vous savez, que nous sommes entrés
dans une crise que nous avions, me semble-t-il, désignée à l'avance. Je vous en dirai un mot dans le discours de clôture de cette matinée. Nous sommes entrés dans une crise d'ampleur
séculaire.
On dit cela pour les inondations. Il y a des inondations décennales et des inondations centennales. On est
devant une crise centennale. On est devant une crise qui met en cause tout ce que l'on croyait assis, bloqué, installé dans le monde à la surface de cet univers dans le domaine économique en tout
cas.
Cette crise va nous inviter à revoir tous nos modèles et je suis heureux que nous ayons fondé ce mouvement
dans ce but, car, si vous vous souvenez de la période de fondation, c'est bien parce que nous avions l'intuition qu'il fallait refonder le modèle et que les deux modèles antérieurs ne
répondaient pas à l'exigence des temps, que nous avons décidé de construire, ensemble. Et c'est cette intuition de fond qui nous dicte notre devoir aujourd'hui, qui est d'être à la fois des
analystes justes et d'avoir la capacité, la force de proposition, la générosité d'imaginer et de présenter un modèle différent.
Vous voyez donc que la réunion d'aujourd'hui est très importante.
Nous allons l'ouvrir par une séquence à laquelle j'ai demandé de participer à trois personnalités que
vous connaissez, pour les avoir entendues sur les médias, qui sont des personnalités pour qui j'ai beaucoup d'estime, d'admiration pour quelques-unes d'entre elles, en tout cas une grande
attention à ce qu'ils et elles disent.
Ces trois personnalités vont venir vous parler de la crise et de ses conséquences sur la société
française.
Je vais vous proposer d'organiser cette première séquence de la manière suivante : chacune de ces
personnalités va s'exprimer devant vous pendant un quart d'heure, une vingtaine de minutes. Vous pourrez, ensuite, intervenir. Après chaque intervention, la parole sera à vous. Il va falloir que
vous vous inscriviez, que vous nous fassiez passer votre nom, et on essaiera de répartir la parole le plus justement possible.
Après, nous ouvrirons la deuxième séquence, puis la troisième. Ainsi, nous aurons un dialogue entre des
personnalités qui portent un regard particulièrement aigu sur la crise et les membres de la Conférence nationale.
Ensuite de quoi, la deuxième séquence sera celle des interventions des femmes et des hommes qui sont nos
responsables et les vice-Présidents en particulier, ainsi que ceux qui sont au premier rang et que je salue.
Je vais d'ailleurs le faire, car, même si vous les connaissez tous, ils méritent qu'on les salue. Je salue
donc Jean Lassalle, député des Pyrénées-Atlantiques, Jacqueline Gourault, sénateur du Loir et Cher, Marielle de Sarnez, vice-Présidente du mouvement, Corine Lepage, vice-Présidente du
mouvement, Jean-Marie Vanlerenberghe, sénateur-maire d'Arras et vice-Président du mouvement chargé de l'organisation, à qui je donnerai la parole dans un instant, Anne La Pérouse, député
européenne.
Au premier rang, je salue Franck Faveur, Président des Jeunes démocrates, Olivier Henno, Président de la
fédération du Nord.
Je salue et je remercie pour son action Gilles Artigues, médiateur des adhérents, Jean-Jacques Jégou,
sénateur et Président de la fédération du Val-de-Marne, Denis Badré, sénateur des Hauts de Seine et maire de Ville d'Avray.
Je salue tous ceux qui font l'effort de donner beaucoup de leur temps au mouvement, à son animation, à la
présence sur le terrain. Elles et ils auront l'occasion de s'exprimer dans la matinée.
J'en ai terminé pour cette brève introduction. 26 octobre 2008
François Bayrou a renvoyé dos à dos socialisme et capitalisme dont il a dénoncé la crise et l'échec,
dimanche lors de la première Conférence nationale, consacrée à la crise financière. "Je ne crois pas plus à la refondation du capitalisme que je ne crois à la refondation du socialisme."
Comparant l'actuelle crise financière, d'ampleur séculaire, à celle qui en 1989 a emporté le socialisme soviétique, François Bayrou a conclu à la crise et l'échec de l'idée fondamentale qui
animait chacun des deux systèmes. "On se contente de nous annoncer, à grand son de trompe, qu'on va refonder le capitalisme" a-t-il ironisé.
"Croire qu'on peut dicter à des mécanismes en oeuvre depuis le début des temps, de se plier à la volonté
politique publicitaire, il n'y a pas beaucoup de chances que ça marche!"
Il s'est amusé des déclarations du président vénézuélien Hugo Chavez, qui a estimé vendredi que le "camarade" Sarkozy était en train de se rapprocher
du socialisme. "Ca doit faire bien rigoler du côté du Fouquet's!, a-t-il lancé, cette tentative de redorer le blason du capitalisme comme modèle de société, est à peu près le contraire exact de
ce que nous pensons. Nous, ce que nous mettons en premier, ce n'est pas l'argent, c'est l'être humain."
A ce titre, il a réaffirmé son opposition à une généralisation du travail dominical. Pour lui, il est fondamental qu'il y ait un jour de la semaine pour la plupart des Français, où l'on puisse
montrer aux enfants qu'il y a autre chose dans le vie que consommer, qu'acheter. "Il faut un jour pour le verbe être, et pas pour le verbe avoir."
Il s'est également élevé contre le projet de privatisation de La Poste, et contre le projet de réforme des lycées qui, selon lui, fait sortir le lycée de la culture de la durée, pour le faire
entrer dans la culture du zapping. Un projet "humaniste" sera au coeur de la campagne des européennes, a-t-il dit lors de cette Conférence.
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