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A Aubagne, l'accord banni PCF-Modem qui pourrait faire école

Publié le lundi 28 septembre 2009 à 10H13

Bilan et perspectives de la majorité "arc-en-ciel" alors que la gauche s'interroge sur ses alliances

L'accord scellé entre Daniel Fontaine et Jean-Marie Orihuel lors des Municipales avait été critiqué par le PCF et Le MoDem. Aujourd'hui, cet alliage donne des idées à certains.

Photo Archives s.g.

 

À l'époque, l'entourage de Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF, évoquait un "problème local" pour commenter l'attelage entre Daniel Fontaine et Jean-Marie Orihuel, inattendu renfort centriste du second tour des municipales. Chez François Bayrou, le ton était plus ferme encore. "La seule alliance que je n'accepte pas, c'est à Aubagne, parce que l'alliance avec un maire communiste n'est pas dans notre vision" tempêtait le président du MoDem.

Depuis, le temps politique a fait son oeuvre. L'hypothèse d'une coalition élargie du PCF au MoDem meuble les débats de cette rentrée politique. Ce qui hier était vilipendé à Aubagne se lit désormais comme une perspective d'alternance au niveau national. "On est passés de pestiférés à possible exemple"s'amuse-t-on en mairie.

Un an et demi après les municipales, à l'épreuve des faits, comment se porte l'alliage entre PCF, MoDem, PS et Verts. "Tout va pour le mieux, merci" assure Daniel Fontaine, architecte de cette "majorité arc-en-ciel". "L'accord a été passé sur des points précis: la mise en oeuvre du programme, une contestation claire de la politique du gouvernement et le refus d'entrer dans la métropole marseillaise. "Tout cela se met en mouvement, rien n'a été renié" poursuit le maire.

"Centrisme révolutionnaire" ?

À l'évidence, sur ces sujets, le MoDem local s'est aligné. Il se joint aux protestations contre la situation de l'hôpital, refuse la métropole et l'ouverture du capital de La Poste, ou valide l'imposition des entreprises pour financer les bus gratuits. Les deux élus centristes ne pensent pas pour autant s'être "gauchis". "Nous sommes les héritiers d'un centrisme révolutionnaire" assène même Jean-Marie Orihuel.

Leur apport politique dans la majorité semble toutefois limité. "Pas du tout" tranche l'adjoint MoDem "on a fait entendre notre voix sur la dette, sur la limitation des frais de fonctionnement. Dans cette majorité, c'est peut-être plus dur pour certains élus communistes que pour nous".

Une réalité que l'UMP tempère, voire balaye d'un revers. Elle fait remarquer à ses anciens alliés qu'ils ont bien vite baissé pavillon sur l'augmentation de la fiscalité et la dette, deux éléments qui nourrissaient pourtant le programme du MoDem.

 "Chacun apporte sa pierre" persiste Daniel Fontaine, "ça peut interpeller certains dans les états-majors politiques, mais au quotidien, le rassemblement fonctionne. L'opposition à la politique ravageuse de Sarkozy impose de n'exclure personne a priori. C'est ce qui fait que l'on est passé d'un score à moins de 10% pour la gauche du PS à la présidentielle à 53% à Aubagne".

Alors, le modèle aubagnais est-il transposable ? Cette question traverse déjà le PCF local comme une vraie ligne de démarcation. Si les communistes aubagnais acceptent, de bonne grâce, un accord local qui a permis de remporter l'élection, ils sont loin de juger cette situation comme une panacée.

Frontières nettes

"Les frontières restent nettes, entre les différentes composantes de la gauche déjà, avec le Modem encore plus" relève Patrick Candela, responsable du PC local, "pour l'instant, l'équipe parvient à se tenir éloignée de la frontière qui mène à ces débats de fond. Est-ce que cela pourra toujours durer ?".

Le débat sera sans doute posé très prochainement avec les Régionales. "Que personne n'hésite à venir voir comment fonctionne le laboratoire d'Aubagne" ironise le maire. Dès cette semaine, ses éprouvettes politiques seront mises en scène lors des "Grands rendez-vous". Avec la volonté de démontrer que ce précipité PCF-MoDem a permis d'avancer sur le programme.

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L'analyse de Patrick Candella (PCF)

"Les communistes aubagnais sortent d'une période fratricide" rappelle Patrick Candela, destiné à reprendre la section locale, "il reste des désaccords profonds, notamment sur la question du MoDem". Ce débat, toutefois, se place surtout au plan national. Localement, "nous sommes responsables" poursuit-il, "nous prenons en compte la volonté citoyenne qui a porté cette équipe aux responsabilités, pour mettre en oeuvre un bon projet. Ce serait irresponsable de dénigrer" la majorité, "sous prétexte que quelques élus MoDem y figurent. D'autant que c'est un accord politique, sur une appréciation locale. Pour autant, cela ne peut être considéré comme notre idéal politique". Selon lui, pour l'instant, la majorité est parvenue à tenir une "gestion politique de la différence" qui évite les désaccords de fond.

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 L'avis de Gérard Gazay (UMP)

Gérard Gazay élu UMP d'opposition juge assez sévèrement ses anciens alliés centristes et leur rôle dans la majorité. "Leur attitude a été affligeante" estime-t-il "la liste du MoDem a pris des positions pendant la campagne sur les finances et, au premier conseil municipal ils ont tourné casaque". "De mon point de vue, leur originalité au sein de la majorité est inexistante" poursuit-il, "c'est leur ligne qui se déplace chaque jour un peu plus, pas celle de la politique municipale. On ne voit aucune différence entre ce que faisait le PC hier et ce qu'il fait aujourd'hui avec le MoDem". L'UMP ironise même sur les discussions qui ont permis aux centristes d'obtenir que le seuil de constitution des groupes, au conseil d'agglomération, soit établi à deux élus. Soit le nombre total de centristes. "Deux sur 86, ce n'est pas très sérieux".

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L'histoire

C'était quelques mois après les Municipales, les victoires des uns avaient été acceptées, les défaites des autres digérées. "J'ai sans doute perdu la mairie de Pau à cause de mes déclarations sur Aubagne" en avait même conclu François Bayrou, lors d'un déplacement dans la région.

Le chef de file centriste pensait alors que sa condamnation violente de l'accord PCF-MoDem avait braqué les électeurs palois de gauche qui auraient pu être tentés de voter pour lui. Depuis, le leader centriste a formulé une "offre publique de dialogue". Le temps est loin où, rencontrant les élus MoDem d'Aubagne, François Bayrou leur lançait, sur le ton de la plaisanterie, "Ah, non ! Pas de photo avec vous".

 

Par Lilian Renard
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Nous rappelons au Président de la République de tenir sa promesse qu'il a fait lors d'un discours le 18/12/2006
"Je veux, si je suis élu président de la république, que d'ici à deux ans, plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir et d'y mourir de froid. Parce que le droit à l'hébergement, je vais vous le dire, c'est une obligation humaine. Mes chers amis, comprenez-le bien : si on n'est plus choqués quand quelqu'un n'a pas de toit lorsqu'il fait froid et qu'il est obligé de dormir dehors, c'est tout l'équilibre de la société où vous voulez que vos enfants vivent en paix qui s'en trouvera remis en cause."

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Commentaire n°1 posté par philippe le 15/12/2009 à 20h45
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